LA TRANSPARENCE N'EST PLUS UNE OPTION

Paris, France, 18 mars 2020

La revue mensuelle Emballages Magazine publie le 9 mars 2020 une interview de la VP Marketing d'Alkemics, Florence Di Nicola. 

Pouvez-vous présenter Alkemics ? 

Alkemics est une plate-forme qui permet de partager des infos produit, prix, composition, allergènes, informations nutritionnelles, contenus enrichis comme les recettes, données d’emballage, entre les producteurs-fournisseurs et les distributeurs, ces derniers ayant besoin de toute une série d’informations pour référencer un produit et communiquer dessus ensuite pour le vendre. Aujourd'hui, tous les distributeurs de l’alimentaire en France collaborent sur la plate-forme Alkemics avec plus de 16000 marques.

Comment la plate-forme travaille-t-elle avec les applications mobiles qui évaluent les produits ?

Les toutes premières applications à s’être connectées à la plate-forme étaient Allergobox et Eugène by Uzer, fin 2016. Deux ans plus tard, Yuka les a rejointes. Comme nous avions de plus en plus de demandes de la part des applications de ce type, nous avons décidé de créer un programme gratuit qui est, en quelque sorte, notre façon de faire de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Nommé Transparence conso, il a été lancé au printemps 2019, à la suite d’une grande étude que nous avons menée avec OpinionWay, Les Français et la transparence des produits alimentaires. Grâce à ce programme, toutes les marques, aussi bien celles des industriels que des distributeurs, peuvent transmettre leurs données aux applications, de manière gratuite. Aujourd’hui, une vingtaine d'applications sont connectées à la plateforme Alkemics et 8500 marques partagent déjà leurs informations avec elles.

Comment se positionnent les marques vis-vis de ces applications ?

Aujourd’hui, la transparence n’est plus une option. Ce ne sont donc plus seulement les marques engagées dans un «mieux consommer» qui partagent leurs informations avec les applications. La plupart des grandes marques veulent reprendre la main sur les données dont disposent les applications afin d’être certaines de leur fiabilité. C’est aussi un moyen de se rapprocher du consommateur, une désintermédiation, dans la mesure où ces applications se placent entre la marque et le client. En matière de transparence, les marques progressent. Elles sont de plus en plus à choisir d'afficher le Nutri-Score sur leur emballage, ce qui est un signe d'évolution.

Qu’en est-il de la qualité environnementale de l’emballage ?

Nous venons justement de lancer, avec OpinionWay, une étude sur les Français et l’emballage, car nous sommes convaincus qu’une «information produit 360» est également une information sur les types d'emballage, leurs matériaux, leur recyclabilité... Par ailleurs, nous sommes régulièrement sollicités par différentes sortes d’applications en phase de construction qui souhaitent se connecter à la plate-forme pour récupérer des données sur les emballages. Ces champs-là existent, mais comme les distributeurs ne les demandent pas systématiquement aux industriels, ils ne sont pas renseignés. Cela pourrait changer grâce au Pacte national sur les emballages plastique signé par plusieurs distributeurs dans l’optique de s’engager à réduire les emballages à usage unique. Les distributeurs sont donc de plus en plus demandeurs de données sur les emballages. À cela viendra sans doute s’ajouter la naissance d’applications plus spécifiques à l’emballage dans les prochains mois. Il y a déjà Lemon tri et Eugène by Uzer qui travaillent sur l’emballage, mais il y en aura d’autres. Cette conjonction d’initiatives devrait faire bouger l’écosystème.

Ces applications remettent-elles en question la fonction informative de l'emballage?

Il ne faut pas oublier que pour 64% des consommateurs, la source d’information numéro un sur les produits reste l’emballage, devant les applications et le bouche-à-oreille. L'emballage est un vecteur essentiel d’information et de conservation du produit. Il doit se réinventer, mais il ne va pas disparaître.