Alkemics réalise une levée de fonds spectaculaire de 20 millions d'euros

12 octobre 2016

Retrouvez sur Capital un article écrit par Cristophe David qui revient sur la success story d'Alkemics, start-up fondée en 2011 par Antoine Durieux, Antoine Perrin et Benoit Portoleau-Balloy.

Cette jeune start-up française a créé une plateforme qui permet aux supermarchés de mieux référencer les produits.

“Notre levée de fonds a été bouclée en trois mois”. Antoine Durieux lâche cette information sans arrogance mais avec l’insolence de la jeunesse. Trois mois : c’est effectivement peu pour réunir 20 millions d’euros. Et peu quand on a lancé son service il y a tout juste trois ans. Mais le patron d’Alkemics, 24 ans, diplômé de polytechnique et de Stanford sait qu’il tient avec cette start-up spécialisée dans la “smart data”, un petit bijou.

La start-up, qui avait déjà levé 5 millions d’euros fin 2015, vient donc de monter d’un cran avec une levée de 20 millions auprès des fonds Cathay Innovation et Serena Capital, en collaboraiotn avec Intex Ventures, Partech Ventures et Seb-Alliances, investisseurs du premier tour.

Son job ? Un peu austère a priori : la start-up, qui emploie une cinquantaine de personnes à Paris, aide les industriels de la grande consommation et les distributeurs à mieux travailler ensemble. Concrètement, elle leur fournit une plateforme d’échange où ils peuvent renseigner au mieux les produits (fiches techniques, photos, vidéos…) et donc accélérer leur mise en rayon. Quelques jours peuvent suffirent à réunir toutes les informations quand il faut parfois six semaines selon les méthodes anciennes, type échange de tableaux Excel.

« Chaque année, plus de 400.000 nouveaux produits sont mis sur le marché par des industriels français», rappelle Arnaud Durieux. Et selon lui, outre la rapidité, Alkemics va aider les PME à mieux être référencées et donc à mieux se faire connaître des distributeurs. “Certaines enseignes demandent à leurs chefs de rayon de réserver 15 à 20% de leurs assortiments à des fournisseurs locaux”, rappelle-t-il.

Lancée en 2014, le service a d’abord été adopté pour la vente sur internet des produits de grande consommation, chez Auchan et Casino. Mais il a vocation a être déployé dans le monde physique. Côté industriels, Alkemics revendique 2.500 inscrits, d’Unilever à l’Arbre Vert.

Le plus dur, selon le jeune patron et son équipe de matheux – le directeur technique Antoine Perrin, est lui aussi issu de l’école Polytechnique – c’est de gérer une croissance vertigineuse. “On est très accompagné, on a des objectifs clairs pour ne pas se disperser”, explique Antoine Durieux. Dans son équipe, il peut ainsi compter sur l’expérience de Benoit Portoleau, ancien directeur commercial de Criteo, la pépite française du secteur publicitaire.

Le choix des fonds n’a par ailleurs pas été fait au hasard. Cathay Innovation est un fonds de capital risque avec une forte présence en Chine et aux Etats-Unis, deux marchés que la start-up convoitera dans une deuxième étape. Serena Capital de son côté est une structure d’investissement reconnue en Europe avec 250 millions d’euros sous gestion (AramisAuto, Lafourchette, Meltygroup, Prestashop etc.). L’international ? Alkemics y travaille déjà et vient de signer avec un certain Walmart, le géant américain de la distribution.